Orange aime ses hommes en Noir - Ahmed Hocine

  • Written by Lilian VIDILI
Aujourd’hui nous vous proposons de faire connaissance avec deux adhérents qui sont moins dans la lumière que les joueurs de l’AS Orange mais qui, pourtant, s’inscrivent parfaitement dans le projet sportif du club.
Chaque week-end ils véhiculent nos valeurs aux quatre coins de l’Ile de France et méritent ce focus sur eux.
Il s’agit des deux arbitres du club : Ahmed Hocine et Joseph Angély.
 
Ahmed1             Joseph1
Ahmed Hocine           Joseph Angély
Vous trouverez ci-dessous l'interview d'Ahmed.
La semaine prochaine, nous publierons celle de Joseph.
 

« Merci de vous présenter en quelques mots : âge, parcours, profession, passions »

Ahmed : Avec plaisir… ! Je m’appelle HOCINE Ahmed, j’ai 38 ans. Je travaille à la Caf des Yvelines en tant que Gestionnaire Conseil. J’ai débuté l’arbitrage en 2009.
Actuellement, j’officie dans des matchs en Séniors Régional 1 et en Foot Entreprise R1 Élite, je suis parfois arbitre assistant en National 3.
Ma passion était et restera toujours le sport en général mais plus particulièrement le football que ce soit en tant qu’arbitre, joueur ou spectateur.

« Avez-vous été joueur avant d'arbitrer ? »

Ahmed : Oui…! j’ai joué dans les catégories les plus jeunes à l’étranger (U13, U15 et U17).
Plus tard j’ai eu l’occasion d’évoluer en division d’honneur (DH) entre 2006 et 2008 avec le club de Saint-Jean Cap Ferrat (Alpes-Maritimes) mais je n’ai pas malheureusement pu continuer suite à une blessure.

« Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir arbitre et vous souvenez vous de votre premier match officiel avec un sifflet ? »

Ahmed : C’était un choix plutôt naturel pour une personne qui aime courir sur un terrain de football. En effet, lors d’un match de Coupe de France, je me suis grièvement blessé.
Ceci m’a poussé naturellement à devenir arbitre. J’ai réussi mon examen d’arbitrage en 2009 et je me souviens très bien de mon premier match officiel. Ce fut en U13 masculins en division district de la Côte d’Azur.
« Euh… !!! je souhaiterais partager avec vous une anecdote pour ce premier match. J’ai oublié de mettre mon carton jaune dans ma poche et je ne me suis aperçu de cet oubli qu’après le coup d’envoi.
Seul officiel, je fus contraint de gérer les 45 minutes avec l’obligation de ne donner aucun avertissement ! ».

« Avez-vous des modèles dans l'arbitrage professionnel, et pourquoi ? »

Ahmed : Il existe de nombreux arbitres de qualité, que ce soit en France ou à l’étranger, que l’on peut qualifier de modèles. Cependant, si je dois en désigner un c’est sans hésitation l’italien Monsieur Pierluigi COLLINA.
Pour moi, il fut et est encore une référence de l’arbitrage de haut niveau. J’aimais bien son style. Il était un patron sur le terrain, tout le monde le respectait même lorsqu’il lui arrivait de se tromper.
Son regard dégageait une présence et une personnalité hors norme. C’est un exemple à suivre si on veut être un arbitre de classe mondiale, mais aussi à un niveau plus modeste.

« Comment vous préparez-vous physiquement ? »

Ahmed : Un arbitre affichant une bonne condition physique est tout simplement plus crédible auprès des joueurs, des dirigeants et des supporters, au regard de ses décisions.
Les arbitres, comme les joueurs, se préparent physiquement avant et pendant la saison footballistique.
Personnellement, je m’entraine deux fois par semaine (footing, accélérations, exercices divers...). Pour information, un arbitre est dans l’obligation de réussir certains tests physiques, quel que soit le niveau dans lequel il officie.

« Selon vous quelles sont les qualités qui définissent un bon arbitre ? »

Ahmed : Un bon arbitre doit avoir une bonne vue et être un peu sourd.
Plus sérieusement, un bon arbitre est avant tout un patron sur le terrain qui sait manager les joueurs, faire respecter les règles du jeu et se faire respecter sans pour cela faire preuve d’un autoritarisme exagéré. C’est ainsi que j’essaie de me comporter lors de chaque match.

« Qu’est-ce qui vous agace le plus sur un terrain ? »

Ahmed : Ce que je ressens comme le plus agaçant pour un arbitre c’est qu’il se trompe : accorder un penalty à cause d’une mauvaise interprétation ou, à l’inverse, ne pas siffler un penalty à cause d’un mauvais placement, ce qui peut, sans aucun doute, être préjudiciable pendant et après le match.
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« Récemment des événements graves sont survenus en Ile de France (agression  physique d'une arbitre lors d'un match de U19 et nouvelle violence à l’encontre d'un arbitre en district, avec nez fracturé), n’y a-t-il pas depuis plusieurs années une banalisation des incivilités dans le football national et plus globalement dans la société ? »

Ahmed : Vous me donnez l’occasion de m’exprimer à propos de ces évènements graves et je vous en remercie. Avant tout, je ne peux que condamner fermement ces comportements inqualifiables et j’apporte évidemment tout mon soutien à ces deux arbitres.
Pour répondre à votre question, ces agressions ne me surprennent pas vraiment. Ces actes ont existé, existent et existeront dans le futur. La vraie question qui se pose…que fait-on réellement pour remédier à ces faits extrêmement dommageables ? je n’ai pas de réponse, seulement beaucoup d’attente…

« Selon vous quelles sont les mesures à apporter afin d'enrayer ces faits regrettables, en complément de certaines mesures annoncées par la ligue ? Pour rappel : " la désignation d'arbitres masculins pour les matchs dits sensibles" et la prolongation de l'action " l'arbitre c'est sacré !" »

Ahmed : Comme vous le savez, il y a eu des mesures qui ont été appliquées depuis quelques années pour essayer de réduire le nombre des agressions dont sont victimes les arbitres (augmentation du barème des sanctions par exemple).
Des mesures complémentaires seraient les bienvenues. Cependant, ce n’est pas le fait de désigner un arbitre masculin pour un match « dit sensible » qui fera obstacle à ce genre de comportement.
Je pense qu’il faut avoir un raisonnement plus profond pour résoudre ce fléau. Agresser physiquement un arbitre, sans éluder les agressions verbales, dans le foot amateur est devenu très banal.
Le travail d’éducation au sein des clubs, les mesures prises par les instances sportives, l’application encore plus stricte des barèmes de sanctions, sont pour moi les seuls moyens pour mettre fin à ces comportements si dommageables.
En gros, tous les acteurs de notre sport doivent s’approprier cette nécessité pour lutter contre ces agissements.

« Notre club a souvent œuvré par le passé pour un meilleur dialogue entre nos joueurs et le corps arbitral, pourtant il reste indispensable de travailler régulièrement en ce sens. Nous avons notre lot de râleurs, de contestataires des décisions arbitrales, quels sont vos conseils pour y remédier et, en qualité d’arbitres du club, quel(s) message(s)  souhaitez-vous leur transmettre ? »

Ahmed : On peut comprendre que les joueurs puissent être parfois agressifs car certaines décisions arbitrales créent un sentiment de frustration plus au moins important.
La communication, le dialogue et surtout le respect de tous les acteurs du jeu permettent de limiter, d’éviter c’est encore mieux, ces comportements.
Les joueurs doivent comprendre et accepter certaines décisions où il y a une part d’interprétations diverses.
Il serait intéressant que les joueurs se mettent parfois dans la peau d’un arbitre (même avec la VAR, on a du mal parfois à trancher sur un fait de jeu et prendre une décision qui fait l’unanimité). Mais un arbitre doit aussi savoir reconnaitre ses erreurs.

« Quel ressenti avez-vous de notre club ? »

Ahmed : L’AS Orange est un club phare au sein du football Entreprise national. Être son représentant dans la sphère arbitrale est une grande fierté pour moi. Ce statut qu’occupe le club m’oblige constamment à être performant dans mes prestations hebdomadaires.

« Quels est votre sentiment sur le football Entreprise et sur ses valeurs ? »

Ahmed : Si je dois faire une comparaison entre le championnat Football Entreprise Elite et le championnat Seniors Régional 1 par exemple, j’avoue qu’il y a des différences.
En tant qu’arbitre, je peux dire qu’on ne peut pas gérer de la même façon une rencontre de foot Entreprise et un match de championnat R1 (dit du dimanche).
J’ai eu l’occasion d’officier lors de rencontres en foot Entreprise, surtout par le passé, et ce qui en ressort reste un constat personnel sur quelques matchs et non une généralité : j’ai le sentiment que l’arbitre doit justifier encore plus toute décision prise.
De surcroît, il fait face à un nombre incalculable de contestations. Ces dernières sont souvent la conséquence d’une mauvaise connaissance ou compréhension des lois du jeu des joueurs ; parfois ce n’est que de la pure contestation « de principe » envers les décisions prises par celui qui a en charge la direction du match.

« Finalement, on ne vous connait pas suffisamment à l’AS Orange et c’est dommage, souhaiteriez-vous plus de contacts entre les arbitres, les dirigeants et les joueurs du club ? »

Ahmed : Ce serait avec un grand plaisir de nouer des contacts entre les arbitres, les dirigeants et les joueurs du club.
Vous savez, dans l’absolu, donc pas seulement pour l’AS Orange, je suis convaincu qu’un renforcement des contacts entre les joueurs et les arbitres jouera un rôle prépondérant pour une meilleure harmonie de notre football, a fortiori dans la lutte contre les agressions des arbitres sur les terrains.
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Un grand merci pour la disponibilités d'Ahmed.
Vous retrouverez l'interview de Joseph Angély la semaine prochaine, Joseph qui forme avec Ahmed le duo représentant notre club au sein du corps arbitral.