Stéphane Steenkeste, discrétion mais efficacité

Après Seif Bakha en décembre, le site met cette fois à l’honneur Stéphane Steenkeste qui porte haut les couleurs de notre club depuis 2003. Après deux titres pour les saisons 2003/2004 (Excellence) et 2004/2005 (Rés. DHR), il est actuellement en tête de sa poule avec la Réserve de DH. Rencontre avec ce gars du Nord que la rédaction ne peut que suivre dans son conseil vous incitant à consulter le site des Cahiers du Foot.
A noter que La rédaction a tout mis en oeuvre pour relever le challenge de trouver un jeu de mots avec le nom de Stéphane pour le titre de la rubrique. En vain. Il en résulte un titre aussi sobre que peut être son jeu mais ses réponses sont aussi percutantes que son jeu de tête (un de ses points forts) est puissant. Bonne lecture !

Situation de famille, d’où viens-tu, où vis-tu...
Je suis marié, j’ai deux petits garçons. Si le plus grand n’est pas trop branché foot (il fait de l’escrime), le petit (3 ans et demi) a reçu du père Noël ce qu’il avait commandé : une paire de crampons et des protèges-tibias.
Je suis arrivé dans la région parisienne en 1998, après 25 ans dans le Pas de Calais.

Tes débuts dans le foot? Tes différents clubs, si c’est le cas. D’autres sports pratiqués dans ta jeunesse, aujourd’hui...
J’ai commencé le foot à 8 ans, je ne pense pas que les débutants existaient à l’époque. J’ai passé 17 ans dans un modeste club du Pas de Calais, l’ES Roquetoire (c’est pas un nom qui fait rêver, mais bon...).
Quand j’ai eu fini mes études, j’ai signé à Aire sur la Lys (club sorti en janvier 2005 par Lyon en Coupe de France), où je ne suis resté qu’un an avant de venir sur Paris. Une année qui m’a un peu fâché avec le foot d’ailleurs : voulant uniquement jouer à un niveau intéressant, j’ai surtout eu des coéquipiers qui se montaient la tête avec les primes de match...
J’ai ensuite joué un peu à Palaiseau, mais les retours de match le dimanche après-midi dans les bouchons ont vite eu raison du peu de motivation qui me restait. Un break donc de quelques années avant de signer à FTR&D (3ème saison en cours).
Sinon, j’ai fait pas mal de basket, de tennis, de volley, de tennis de table.. Je voulais faire prof de sport quand j’étais jeune, mais j’étais (et suis encore) super nul en gym et natation...

Ta venue à l’ASFTR&D (devenue l’AS Orange). Comment? Comment perçois-tu l’AS Orange?
J’ai rencontré Jérôme Cilly le premier jour où j’ai travaillé pour un concurrent d’Orange. Nous avions vécu quelques épopées mémorables lors de nos différentes compétitions avec l’équipe de foot de notre école, et il m’a proposé de venir à l’entraînement du mardi midi.
J’y ai trouvé exactement ce que je cherchais : un club où on trouvait des gens qui ont la foi (jouer par grand froid à 3 contre 3 dans la surface, faut être motivé), avec de belles installations (ça fait des années maintenant que je n’ai pas joué avec 1 kilo de boue à chaque pied comme dans le grand nord), à un niveau intéressant et avec les matchs à des horaires encore confortables pour ma petite famille.

Les bons moments, les moins bons de ta carrière de footballeur?
Les moins bons moments, ce sont les innombrables matchs regardés depuis les tribunes pendant mes longues périodes de convalescence.
Mais ça donne l’occasion d’avoir de grandes joies, comme celle d’envoyer le premier cuir qui passe après un an d’arrêt sur blessure au fond des filets. Mon premier match à 8 ans, où j’ai eu la chance de marquer aussi... Pas d’exploit remarquable donc, mais quelques souvenirs simples qui rappellent que ça n’est qu’un jeu.

Quelle est la différence entre le football du dimanche et le football d’entreprise ?
Dans la ligue du Nord, chaque équipe a son propre championnat, le système équipe première/équipe réserve qui ont le même calendrier n’existe pas. Je trouve un peu dommage que les réserves n’aient pas de réel challenge dans leurs championnats. Sinon, je ne saurais pas comparer les niveaux, mais je dirais quand même que les matchs en foot entreprise se passent souvent dans un meilleur esprit.

Les entraîneurs, les joueurs que tu as appréciés dans ta carrière ? Sur le plan football, plan humain...
J’ai eu la chance d’être encadré dans les équipes de jeunes par des gens qui ont réussi à nous apprendre le don de soi sur un terrain, et qui nous ont fait préférer la performance collective aux exploits individuels. Je vous entends dire "tiens, il a pris option communication dans son école de foot, on croirait entendre Thierry Henry". Non, sans blaguer, vu le niveau technique qu’on avait, on a réussi à renverser des montagnes rien qu’avec l’envie.
Malheureusement, ils ont oublié de me dire comment ils ont réussi à faire passer le message, j’ai beau essayer, j’ai du mal...En tout cas, ils gagneraient à être connus.

L’évolution du foot pro, l’équipe de France, ton club favori, si tu en as un.
Je fais partie de la génération de futurs vieux cons qui pensent que c’était mieux avant, qui ont fait de
www.cahiersdufootball.net leur page de démarrage et qui rêvent de pouvoir s’offrir un jour un vieux ballon Tango de 82 en guise de vénérable relique du bon vieux temps. L’équipe de France, magnifique sujet... Vivement qu’ils aient tous pris leur retraite les double champions, qu’on arrête de nous pilonner avec ces produits marketing qu’on exploite jusqu’à l’écœurement. L’avenir nous dira si l’arrêt Bosman était la pire chose qui pouvait arriver au foot, mais personnellement je le pense.
Je ne vois pas comment on peut motiver des mecs qui jouent des matchs de Champions League toutes les semaines à aller jouer le Togo, la Suisse ou la Corée. En abolissant les scandaleuses primes de match dont la négociation constitue l’essentiel de la préparation, peut-être qu’on n’aurait que des gars motivés. Mais il faudrait aussi un entraîneur qui arrive à gagner quelque chose avec des bras cassés... Un druide par exemple !!
Transition toute trouvée pour parler de mon équipe favorite, le RC Lens, comme tout "boyau rouge" qui se respecte. 1998 restera une grande année, puisque c’est l’année du titre, avec Monsieur Daniel Leclercq, dit le druide, à sa tête. Vous avouerez quand même qu’un type champion de France avec Vairelles et Wallemme titulaires mérite le respect éternel...
Le foot pro manque un peu d’humilité, et franchement, ça fait du bien un club qui milite pour le retour aux places debout (25€ pour des matches en bois, ils ont fini par reconnaître l’arnaque), un président Martel avec un accent bien de chez nous qui en vaut bien 10 de la capitale, un public un peu babache qui pardonne tout... En plus ils tapent le PSG tous les ans...
Vous verrez l’année prochaine, avec Lens et Lille en Champions League, et Valenciennes en Ligue 1, si vous l’aviez perdue, vous retrouverez la foi.

Tes hobbies en dehors du sport : lecture, cinéma, et peut-être un jardin secret que l’on ne connaît pas...
En plus du foot, un peu de bricolage, une bonne bouteille de vin de temps en temps (Pessac-Léognan par exemple) et quelques tours de coinche suffisent à mon plaisir.

Une idée, un thème que tu souhaiterais développer, un message à passer?
J’aimerais bien vanter les mérites de l’entraînement du mardi midi, mais j’ai déjà été super long et ennuyeux jusque maintenant. Je me contenterai donc de saluer tous mes petits camarades de cette séance d’entraînement (très prisée en ce moment).

La rédaction

Mise à jour 08/01/2006